Paul IMBERT

Paul IMBERT Capitaine de navire.

mali081.jpgTombouctou, ville mythique, cité mystérieuse qui a fait rêver de nombreux élèves sur leur livre de géographie et qui a décidé du destin de plusieurs explorateurs partis à la découverte de cette cité inconnue mais imaginée ruisselante d'or.

Tombouctou, centre de commerce entre le Sahara et le soudan anglo-égyptien situé au Sud de l'Egypte, le Soudan français, avant la décolonisation était situé entre le Sahara, la Mauritanie, la Haute-Volta et le Niger, en Afrique Occidentale, et qui est devenu depuis la République du Mali.

Tombouctou est située près du fleuve Niger. Elle passait autrefois pour une ville d'une importance considérable. Mais elle n'était grande que dans l'imagination des Arabes pour que la vie dans cette petite ville fasse contraste avec la vie dans le désert. En réalité, elle hébergeait environ cinq mille habitants.

Mais Tombouctou a longtemps été une ville interdite aux Européens. C'était "la cité mystérieuse" ! Alors, dès qu'il y a du mystère, on a envie d'aller voir. C'est ce que firent plusieurs explorateurs, certains sans grand succès comme le major britannique Laing en 1826 qui atteindra la ville, mais sera assassiné et toutes ses notes détruites, ce qui contribuera à entretenir le mystère sur la ville, d'autres avec plus de persévérance et de chance comme René Caillé, né à Mauzé-sur-le Mignon dans les Deux-Sèvres, et qui habillé en musulman et parlant arabe, parviendra à la cité interdite en 1828. Rendons leur hommage.

Mais je m'en voudrais de ne pas remonter environ deux cent cinquante ans avant l'entrée de René Caillé à Tombouctou pour souligner la naissance vers 1580 d'un jeune vendéen du nom d'Imbert auquel les parents donnent le prénom de Paul. A franchement parler, on ne sait pas grand chose sur la jeunesse de Paul Imbert sinon qu'il devient à vingt cinq ans pilote et capitaine de navire.

Il navigue vers le Maroc et voici qu'un jour son bateau est intercepté et attaqué par des corsaires du Bou Regreg, ce eptit fleuve côtier entre Rabat et Salé. Nus sommes dans les années 1610. Paul Imbert est fait prisonnier et emmené au Maroc.

Qui dit prisonnier dit esclave. Il est esclave du maître de Marrakech, le pacha Ammar el Feta, mais pas n'importe quel esclave. Le pacha s'est rendu compte que son prisonnier a une grande intelligence et beaucoup de connaissances. Le sultan du Maroc, Moulay Zidan, qui rêve lui aussi de percer le mystère de la belle Tombouctou, monte une expédition et en 1628 envoie Ammar et Paul Imbert vers la ville des sables.

Ce n'est pas une mince affaire. Ce sont quatre cents soldats escortés par une centaine de chevaux et des dizaines de chameuax quis'élancent à travers les dunes, direction le sud-est, pour une marche qui va durer plusieurs semaines. A cette époque existaient quelques rares pistes recouvertes par les vents de sable. On se dirigeait d'après les astres. Paul Imbert, grâce à ses connaissances en navigation, fournit de nombreux conseils sur les étoiles et facilite la longue marche de ses compagnons.

La colonne marocaine arrive à Tombouctou le 28 mars 1618. Paul Imbert est le premier français à pénétrer dans la ville. Avec le pacha Ammar, ils vont y demeurer une dizaine de semaines au cours desquelles se trameront des transactions, des négoces, des échanges entre Maroc et Soudan. A part, le commerce, Paul Imbert comme René Caillé plus tard, sera un peu déçu de ne pas voir la ville riche qu'il imaginait mais de ne découvrir qu'un amas de maisons en terre, mal construites.

Après plus de deux mois, la caravane revient vers Marrakech. Paul Imbert suit car il est toujours prisonnier et va le rester à son retour au Maroc. On n'entendra plus parler de lui jusqu'en 1628. Il approche de la cinquantaine. A cette époque, on lui demande de se convertir à l'Islam, on le frappe même de trois coups d'épée pour obtenir sa conversion, mais il refuse et reste ferme en sa croyance.

Deux ans plus tard, le 3 octobre 1630, l'escadre du chevalier de Razilly se présente en rade de Safi. Paul Imbert,fait parvenir une lettre au chevalier pour attirer sa compassion et lui demande de s'employer à la délivrance des esclaves. En vain !

Toujours fidèle à la religion chrétienne, Paul Imbert meurt vers 1640, vraisemblablement toujours en captivité. Il ne reverra jamais la France ni la Vendée. Mais se sera lui, sinon le premier Européen (on parle d'un Florentin nommé Benedetto Dei), du moins le premier français à avoir percé le mystère de la légendaire Tombouctou.

Bibliographie : "Etonnants Vendéens, 32 destins exceptionnels" de Claude Mercier.